
La presse en parle
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     | In “Let My People Go,” the French actress, dancer, and director looks at the life and work of two women who died young. The English poet and playwright Sarah Kane was twenty-eight when she killed herself; the German Jewish painter Charlotte Salomon was gassed at Auschwitz at age twenty-six. From Kane’s raw words and Salomon’s images, bright against a bleak present, Bas creates a blend of movement, spoken text, and video that honors courage in the face of death.
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La comédienne Astrid Bas est en résidence Villa Medicis hors les murs au Centre de Danse
d’Alonzo King et à PAI, The Performance Art Institute, à San Francisco, pour deux mois.
| « Cela fait plus de deux ans maintenant que je développe des projets en théâtre et danse entre les Etats-Unis et la France. L’Institut français proposait des résidences hors les murs. J’ai choisi la destination de San Francisco. » Avec un parcours de comédienne accomplie, à la fois sur les planches et au cinéma – elle a notamment tourné pour Benoît Jacquot, et joue Marguerite Duras, Sophocle , Shakespeare ,ou encore Tennessee Williams :les auteurs qu’elle a interprétés dans de prestigieux théâtres – elle développe, aujourd’hui, dans la Baie de San Francisco, ses compétences de danseuse. « J’ai commencé la danse quand j’étais petite en faisant du classique. Puis j’ai fait du théâtre, il y a eu les concours, les rôles, tout s’est enchaîné, alors je n’ai repris que dernièrement la danse de façon plus intensive. Aujourd’hui, la performance danse- théâtre est importante pour moi. » C’est en 2010, qu’elle rencontre Alonzo King à Montpellier, à l’occasion d’un festival de danse. Ce fut « Un véritable coup de foudre », dit-elle les yeux pétillants. Ce chorégraphe très réputé à San Francisco est aussi très apprécié en Europe, où il tourne régulièrement avec des spectacles toujours plus inventifs les uns que les autres. Dès 2011, Astrid Bas avait rejoint la Baie afin d’y suivre un atelier de travail dans l’école de danse du maestro nord californien. Revenue il y a quelques semaines, elle travaille sur un projet de création “Life for theater”, d’après l’oeuvre de Charlotte Salomon, avec sur scène six danseurs, deux musiciens live, et le travail de la réalisatrice Anna Geyer. Ce spectacle sera joué à ODC Theater à San Francisco en juillet 2013, puis partira en tournée. « Les créations pluridisciplinaires sont très actuelles », conclut la comédienne-danseuse.
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Astrid Bas y réunit quatre interprètes : Anna Chirescu pour la danse, Ami Flammer et Paul Serri au violon et elle-même (voix). Ils seront en représentation à Saint-Méloir-des-Ondes (Ille-et-Vilaine).
Comme Astrid Bas l’explique, « c’est une pièce qui mélange le théâtre traditionnel, l’exploration du mouvement et les éléments textuels et visuels pour rendre hommage à l’univers d’une jeune artiste qui ne cessera de chercher la liberté par sa créativité, échappant ainsi aux tourments familiaux et à la guerre. Aujourd’hui, je propose une version française de Vie ? Ou Théâtre ? ou se mêlera le mouvement, le texte, la musique, le chant et la vidéo accompagnés de l’œuvre de Charlotte. » |
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La vie de Charlotte Salomon est une vie composée de textes et de peintures, éditée sous la forme d’un roman graphique appelé "Vie ou Théâtre ?".
Astrid Bas l'a mis en scène en récitation et en mouvements, avec les musiciens violonistes, Ami Flammer et Paul Serri, et la danseuse Anna Chirescu, pour deux soirées exceptionnelles à l'Eglise de Saint Méloir des Ondes.
| M de Montmartre |
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« Je ne vis que pour toi, que pour prouver que l’on a besoin de guides» écrivait Charlotte Salomon à son bien-aimé en 1943 dans Lettre à Amadeus Daberlohn. Avant de mourir à 26 ans dans les camps d’Auschwitz, l’artiste allemande a composé une oeuvre totale réunissant 1325 gouaches accompagnées de textes et de références musicales. Quelques semaines précédant sa déportation, elle a confié « toute sa vie » au docteur Moridis. En 2015, cette vie composée de textes et de peintures est éditée sous la forme d’un roman graphique appelé Vie ? ou théâtre ? Charlotte Salomon a inspiré de nombreux artistes comme l’écrivain David Foenkinos ou la comédienne et metteure en scène Astrid Bas. Cette dernière rend hommage à l’artiste allemande dans une création saisissante. Vendredi 28 Mai, une étape de travail a été présentée au Centquatre : une immersion sensorielle d’une rare intensité. Une archéologie dans l’oeuvre par l’exploration scénique Après une résidence Villa Médicis hors les murs à New York et à San Francisco suivie de deux créations respectives puis une rencontre à la Ménagerie de Verre, Astrid Bas s’est installée au Centquatre pour travailler sur une version française de Vie ? Ou théâtre ? – Let My People Go. Depuis 2014, ses recherches ont donné naissance à différentes formes scéniques en langue anglaise. A Paris, elle réunit quatre interprètes pour une mise en relation du mouvement, du texte, de la vidéo et de la musique, en français cette fois-ci. Une remarquable poésie visuelle et sonore. Le fil conducteur de ce travail est la Lettre à Amadeus Daberlohn écrite par la jeune artiste en février 1943. Porté par la voix pénétrante d’Astrid Bas, le texte révèle le plus profond de l’âme, les angoisses et les passions secrètes de la jeune femme. Charlotte a choisi le pseudonyme Amadeus Daberlohn pour nommer l’homme de sa vie, le professeur de musique Alfred Wolfsohn. Une synesthésie créative Au plateau, le texte est la colonne vertébrale autour de laquelle gravitent la vidéo, la musique et le mouvement. A côté de la comédienne, la danseuse Anna Chirescu et les musiciens Ami Flammer et Paul Serri dégagent une présence fantomatique. On assiste à un dialogue des sens, démarche fondatrice de l’oeuvre de Charlotte Salomon. « L’union des arts nécessaire à la cicatrisation d’une vie abîmée. » La mise en scène ébauche une relation entre le texte et la danse d’une belle sensibilité. Un dialogue sensoriel troublant qui mériterait d’être développé. Il semblerait que cela soit prévu lors des prochaines sessions de travail. Du plus intime au plus monstrueux faits historiques Charlotte vit avec une double menace de mort, l’une venant des nazis et l’autre liée à la tragédie de sa famille. En quête de liberté et pour échapper à la folie, elle plonge dans le dessin et l’écriture. La musique provoque ses textes et ses peintures. Comme dans l’écriture, la mise en scène glisse subtilement du plus intime aux faits historiques. La relation comédienne/danseuse révèle une grande sensibilité. Le petit corps recroquevillé de la danseuse épouse les tourments de l’artiste. Et puis, vient le grotesque dans une vidéo de Donald singeant Hitler. En fin de présentation, les violons envahissent le plateau. Joie et optimisme prolongent les derniers mots de Charlotte à son bien-aimé : « il se peut […] qu’avec cette guerre le spectacle que les hommes se sont donné s’achève. Que toute l’humanité – éprouvée par la souffrance et les expériences les plus dures – marche au-devant d’une vie plus vraie plus vivante. » Souhaitons à cette création de rencontrer ses premiers spectateurs dès la saison prochaine, tant elle est un étonnant voyage poétique. |